vendredi 28 novembre 2025

De Genève à Lyon par le train...

    Après dix heures, nous quittons l’appartement douillet du Cocolet à Annemasse, le cœur pétillant de cette douce excitation qui précède tout départ. Zouhaier, notre chauffeur, au sourire discret, nous embarque dans sa Toyota Auris vers la gare. Bien emmitouflés, nous sentons sur nos joues le souffle vif d’un air presque piquant, à trois degrés seulement.

Le train nous emporte vers Genève dans un balancement joyeux, et c'est au Manora que nous savourons le déjeuner, au milieu du tourbillon bondé du Black Friday. Parking saturé, allées du grand magasin grouillantes de chasseurs de bonnes affaires, tout vibre d’une énergie contagieuse, nous faisant sourire de cette effervescence collective. À treize heures trente, le convoi pour Lyon s’ébranle, et près de nous s’installe une jeune femme en fauteuil roulant, enveloppée d’une veste en fourrure synthétique blanche, aidée par deux agents SNCF attentifs. Baladeur aux oreilles, elle s’évade dans sa musique, dans une sérénité radieuse.


Tandis que le paysage défile en éclats de lumière, un échange philosophique avec une intelligence artificielle — « Comment vivre et être soi parmi plus de sept milliards d’humains ? » — allume en moi une étincelle de liberté intérieure, avant que je ne replonge dans les frissons d’aventure de Sherlock Holmes. L’enquête du « Manoir de l'abbaye » se déroule magistralement, et j’admire cette fin si humaine où Holmes, ayant appris la prudence au fil de sa carrière, préfère jouer un tour à la loi anglaise plutôt qu’à sa propre conscience. Quelle élégance morale !


Après quinze heures, la gare de Lyon-Part Dieu nous accueille dans son tourbillon urbain. L’hôtel Richelieu devient notre port d’attache pour une nuit : la chambre dix-huit nous est attribuée par un homme chauve et barbu. Nous y déposons nos affaires. Plus tard, Mathilde nous accueille au Starbucks du centre commercial de la Part Dieu, accompagnée d’un beau jeune homme, son collègue. L’atmosphère est légère, presque festive. À la table voisine, deux jeunes Italiennes babillent joyeusement, avec cette musicalité propre à leur langue. Quand elles quittent la table, je leur offre un « Buona serata e buon viaggio ». Leurs sourires instantanés me remplissent de joie. Après un temps de détente, nous allons chez Carrefour pour des emplettes : la caissière appelle William, un petit gars barbu au piercing audacieux sur la pommette gauche, qui va peser nos deux poires William, pendant qu’une jeune fille règle ses trois achats dans l’intervalle ; nous nous sourions. Je remercie William et nous rentrons, le cœur léger…












1 commentaire:

  1. De bien belles photos ... Oui j'ai tout lu le texte de André . Je connais bien ce trajet jusqu'à Montpellier car au mois de juin, c'est celui que j'ai pris pour aller chez ma sœur à Carcassonne . Un bien joli parcours très agréable . On se laisse porter dans le train
    Très bonne continuation à vous deux

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