Corrine, Patrick et moi sommes en admiration devant l’hôtel La Belle Époque, sur la place Gambetta, aux façades aux teintes d’ocre pâle. La rotonde surplombe le carrefour comme un phare doux et silencieux. Sous la marquise de fer forgé, je m’arrête, saisi par le déploiement des volutes et des ombres projetées sur la pierre claire — j’imagine les voyageurs du siècle dernier, valise à la main, passant comme dans une parenthèse entre deux mondes. Il y a dans cette architecture quelque chose qui flotte encore dans trame temporelle : la ville, jadis carrefour ferroviaire, projetait son visage neuf vers Genève et Lyon, accueillant ceux qui osaient le voyage. Il y a également un souffle du passé mêlé de joie – la beauté des rencontres, des départs et des retrouvailles, comme si les murs eux-mêmes retenaient l’écho des vies circulantes venues d’hier. À chaque fenêtre, le reflet de la mémoire locale s’anime, palimpseste de voyageurs et de soirées animées, de valises posées sur le parquet et de conversations feutrées derrière les rideaux brodés. Ces fenêtres hautes reflètent la lumière du jour et gardent encore les secrets des réceptions d’autrefois. À travers la verrière, la respiration urbaine se mêle aux souvenirs — je murmure que la rotonde ressemble à la proue d’un navire dans la brume et Patrick sourit devant cette poésie, alors que nous restons là, suspendus, fascinés par le récit muet des pierres et la grandeur oubliée de la demeure. Je ressens l’empreinte des décennies, la douceur d’un autre temps qui s’attarde dans l’air. Nous sommes ensemble, témoins silencieux de la persistance d’une époque dont ce bâtiment est le gardien : celle où l’élégance, la convivialité et le voyage se donnaient rendez-vous, et où aujourd’hui encore, la mémoire se superpose au présent dans la lumière dorée de novembre…


































Merci pour ces belles photos en découvrant la ville de Bellegarde méconnue à mes yeux ! Alice 🍁
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