Après le déjeuner, Patrick et moi flânons au port et dans la vieille ville qui vibre dans les frissons de Noël. L’air sent l’Atlantique, vif et salé, et le ciel, hésite, tantôt gris argenté, tantôt d’un bleu insolent. Je marche à ses côtés, émerveillé par cette lumière mouvante qui danse sur les flots et découpe les silhouettes des bateaux, prêts à partir vers je ne sais quel horizon rêvé.
Les murs de la capitainerie du port sont décorés de fresques qui racontent une histoire, celle des pêcheurs, des marchandes, des visages du passé que Setúbal semble vouloir garder bien vivants. Ces personnages semblent presque nous saluer, comme s’ils étaient heureux que nous soyons là, témoins attentifs de leur mémoire.
Plus loin, le marché de Noël nous accueille avec ses éclats de couleurs et ses odeurs de cannelle. Les décorations débordent de guirlandes, de houx et de petites figurines souriantes ; certaines me font sourire tant elles débordent de joie naïve. Je m’attarde devant une crèche pleine de personnages aux joues rondes et aux yeux pétillants, tandis que des chants de Noël flottent dans les airs — et soudain, me voilà fredonnant Mon beau sapin. Ici, tout semble concourir pour réveiller l’enfant que nous croyions avoir laissé quelque part, très loin derrière nous.
Nous poursuivons notre promenade dans les jardins, où un carrosse blanc décoré de boules rouges et or attire les enfants émerveillés. Une fontaine égaye la scène de son chant liquide, et je me surprends à penser que l’eau aussi doit ressentir la fête, tant elle semble scintiller.
Au centre de la grande place de la mairie, un arbre de Noël géant trône, fier et étoilé, veillant sur les passants qui se croisent avec des sacs pleins de cadeaux, ou simplement les mains libres mais le cœur occupé. Patrick me regarde et je lis dans ses yeux ce mélange précieux de simplicité et de bonheur — comme si ce moment, banal en apparence, avait le pouvoir de nous relier à quelque chose de plus vaste, une douceur ancienne, intemporelle.
Je respire profondément. Setúbal n’est point seulement belle aujourd’hui : elle est joyeuse, généreuse, presque magique. Elle murmure que, malgré les années, malgré le monde parfois trop rude, il existe encore des lieux où la joie se dépose sans conditions — comme une étoile sur un sapin, ou comme une poignée de lumière offerte au cœur.
Et je me dis, en serrant doucement la main de Patrick, que l’esprit de Noël commence peut-être exactement ainsi : dans une simple promenade, un peu de beauté, et beaucoup de gratitude…















































Un très beau texte et de très belles photos très colorées ! Et Noël se profile aussi qu Portugal comme ailleurs dans le monde ... Qui approche à grands pas . Très bonne journée pour ce dimanche et gros bisous à vous deux 😁😁
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