jeudi 19 mars 2026

Le Rectorado de la Universidad de Córdoba et le Parque Juan Carlos I se dévoilent...

 

    Après le repas, nous nous rendons dans un autre Mercadona. En chemin, j’admire le bâtiment qui abrite le Rectorado de la Universidad de Córdoba. Sa façade donne sur l’avenue Medina Azahara — l’artère même qui perpétue le nom du palais califal englouti par les sables. Conçu en 1914 pour abriter la faculté de Médecine vétérinaire, l’édifice est tenu par les historiens de l’art comme « l'œuvre la plus engagée dans le style régionaliste jamais construite à Córdoba ». Sa façade marie la brique agramilée au joint serré [ladrillo agramilado], la céramique vernissée et la ferronnerie ouvragée, mêlant l’héritage califal à ce que l’on appelle la serliana cordobesa, cette fenêtre tripartite que l’architecte Gonzalo Domínguez Espúñez a su plier aux codes andalous.


    L’histoire de l’édifice est cependant moins paisible qu’il n'y paraît : alors qu’il s'apprêtait à être inauguré en 1936, la Guerre civile éclata, et l’armée s’en empara pour en faire un dépôt de munitions. La faculté ne reprit ses activités qu’en 1940, et les travaux ne s’achevèrent qu’en 1948.


    Mais le destin de ce bâtiment réserve une surprise plus ancienne encore. En 2002, lors des travaux d’adaptation en Rectorado, une sonde archéologique fit surgir du sous-sol ce que les experts soupçonnaient depuis longtemps sans savoir où chercher : les vestiges de l’amphithéâtre romain de Córdoba. De plan elliptique, avec un axe majeur de cent soixante-dix-huit mètres et une capacité estimée entre trente et cinquante mille spectateurs, cet amphithéâtre ne fut dépassé en grandeur, dans tout l’Empire, que par le Colisée de Rome et celui de Carthage. Les inscriptions funéraires de gladiateurs retrouvées dans les parages ont conduit les chercheurs à avancer l’hypothèse que Córdoba abrita le ludus gladiatorius hispanus — l’unique école de gladiateurs de toute l’Hispanie romaine. Ainsi, sous les bureaux des vice-recteurs et les réunions de commissions universitaires, gisent toujours, à peine exhumés, les os d’une arène où mourait la jeunesse de l’Empire.


    Bredouilles au supermarché, au regard de ma liste, nous prenons la direction d’un magasin chinois de fruits secs indiqué sur Google Maps, qui se montrera définitivement fermé. Le long du trajet, nous entrons dans un supermarché Dia. Nous prenons ensuite la direction de la plaza de Las Tendillas.


    En chemin, nous découvrons le Parque Juan Carlos I, le long de la calle Antonio Maura. Ce parc est né sur les anciens terrains de la faculté de Médecine vétérinaire — cette même faculté dont l’imposant bâtiment néo-mudéjar abrite aujourd’hui le Rectorado —, là où s’étendait autrefois le cimetière des animaux, que l’on n'imagine guère en flânant sous les ombrages. Approuvé en novembre 1998, inauguré officiellement le 10 février 2000, il représenta un investissement de deux cent seize millions de pesetas pour un quartier qui, malgré son nom de Ciudad Jardín, n’avait connu aucun espace vert jusqu’aux dernières années du siècle passé.


    Un large bassin circulaire — ceint d’une pergola métallique dont les sarments nus annoncent l’ombre à venir — accueille plusieurs jets d'eau qui strient l’air agréable de mars. Un labyrinthe de buis taillés retient notre attention. Des arbres en fleur projettent leurs grappes roses directement sur le bois nu des branches, sans attendre les feuilles — ce printemps andalou brûle les étapes. Des palmiers dressent leurs fûts couverts de lierre, comme si la végétation grimpante cherchait à les rejoindre là-haut. Sur un banc, une colombe blanche et un pigeon brun échangent sur la folie actuelle des hommes. Nous nous asseyons un moment sur un banc. L’eau reflète les frondaisons, deux vieilles dames occupent un autre banc sans paraître vouloir le quitter de sitôt. Ce jardin est devenu l’un des préférés des Cordouans, et accueille l’été des festivals de poésie.


    Plus tard, près de la place, nous entrons dans un Carrefour Market. Ensuite, nous prenons tranquillement la direction du magasin El Corte Inglés…






















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