samedi 29 novembre 2025

De Lyon à Montpellier par le train dans la beauté musicale du piano...

      Adama nous accueille au petit déjeuner de l’hôtel Richelieu. Efficace et bienveillant, le jeune homme s’est occupé hier soir d’éteindre le chauffage dans la chambre et de le rallumer ce matin à six heures.

En fin de matinée, Maximilien nous accueille à l’Atelier, le bistrot à galettes du centre commercial la Part-Dieu. Nous composons notre crêpe au sarrasin : pommes de terre, champignons et Emmental pour Patrick… et pommes de terre et œuf de plein air pour moi. Toutes les commandes sont passées via l’application d’un smartphone et sont transmises directement en cuisine.

Le bistrot à galettes au centre commercial Westfield à la Part-Dieu fait partie de la chaîne L’Atelier Artisan Crêpier, un réseau de crêperies artisanales présent à Paris et en province via un modèle de franchise. Une trentaine de personnes œuvrent dans le restaurant, un essaim discret d’artisans de la galette qui insufflent à ce lieu une âme conviviale au cœur du tumulte commercial.

Plus tard, au Starbucks, Maki, une jeune fille, gracile et souriante, préparent nos boissons. Une dame d’un certain âge doit se sentir utile en débarrassant des tables de la terrasse. Je la suis du regard. Elle trie les déchets, nettoie la surface des poubelles et donne le plateau à Maki, qui la remercie d’un radieux sourire. La dame s’éloigne, un sourire aux lèvres. 

Dans l’enceinte de la gare, deux jeunes virtuoses jouent au piano. Je suis conquis par la fluidité de leurs mains, la souplesse de leurs doigts qui cascadent sur les touches comme des rivières de notes, évoquant une symphonie magistrale jouée de mémoire, où chaque accord vibre d’une passion contenue. Une assemblée de mélomanes entoure en demi-cercle les deux interprètes des plus talentueux : impulsifs, ardents, profondément sensibles.

Par la suite, les minutes musicales nous trouvent en voiture seize dans un TGV à destination de Montpellier. Je retourne à la fin du dix-neuvième siècle dans l’univers de Holmes et Watson qui exercent leur talent respectif dans l’enquête La seconde tache et où la loi joue aussi dangereusement que les criminels contre eux. Le magnifique côté humain de Sherlock Holmes émerge particulièrement au dénouement : bien qu’il soit reconnu pour sa froideur analytique, Sherlock fait preuve d’une grande compassion et d’un sens aigu de la responsabilité. Il montre une profonde compréhension des enjeux humains et politiques, conciliant rigueur et empathie. Cela révèle un Holmes attaché à la justice, mais aussi au respect des personnes, au-delà du simple aspect intellectuel de la déduction. Ainsi, La Seconde Tache illustre non seulement le génie de Sherlock Holmes pour résoudre des énigmes complexes, mais aussi son humanité dans la gestion des conséquences de ses découvertes, ce qui donne à cette nouvelle une belle profondeur émotionnelle et bienveillante. Cette enquête exemplifie bien le mélange subtil d’intelligence et d’altruisme qui fait la richesse du célèbre personnage né de l’imaginaire de Sir Conan Doyle, un phare dans les brumes victoriennes.

Nous arrivons à destination avant seize heures. Fouad nous conduit à l’hôtel Holiday Inn Express Odysseum sur l’avenue Nina Simone, à bord de sa Toyota Corolla marron glacé. Nous bavardons plaisamment avec le jeune homme, natif de Montpellier, au regard vif et à l’accent chantant, dont le transport de passagers est son activité professionnelle principale, grâce à une célèbre application. Il nous parle aussi d’une autre application, avec qui il travaille également, tissant ainsi les fils d’une économie partagée.

Nina Simone, née en 1933 en Caroline du Nord, une pianiste, chanteuse et militante américaine pour les droits civiques, était célèbre pour sa musique mêlant jazz, blues, gospel et musique classique, avec des chansons emblématiques comme I Loves You, Porgy et Mississippi Goddam, des cris du cœur contre l’injustice qui résonnent encore dans les vents du Sud. Après une carrière riche en succès, elle a vécu dans plusieurs pays avant de s’installer en France où elle est décédée en 2003.

    Fouad, un autre jeune homme, nous accueille à la réception et nous attribue la chambre 205. Nous déposons nos bagages et nous allons au centre commercial, très animée, en habits de fêtes, Planet Océan. Une chanteuse retient mon attention, sa voix perçant l’effervescence comme un appel lointain du blues. Le supermarché Casino, présent précédemment dans les lieux, a fermé récemment, nous informe un jeune couple avec un bébé dans un ascenseur. Chez La Pomme de Pin, nous achetons des madeleines pour le dîner. Ces petites douceurs dorées, invoquant Proust dans leur fragilité sucrée, promettent un festin modeste mais chargé de souvenirs à venir….






















Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire