Un matin de Setúbal où la ville se découpe en papier noir et violet sur un ciel de braise et de lavande. Les nuages, en longues portées d’orgue, semblent retenir un dernier accord de nuit avant de laisser monter la lumière. Les bandes pourpres et orangées fendent l’horizon comme si la mer, au loin, s’ouvrait en silence pour laisser naître le jour, tandis que les immeubles demeurent encore dans l’ombre, spectateurs impavides de cette célébration du ciel. Les grues du port se dressent telles des encres figées dans l’air salin, prêtes à inscrire sur la page du matin les premiers gestes des hommes. La ville s’éveille à pas feutrés : quelques fenêtres s’allument, des phares glissent le long des avenues, minuscules feux follets perdus sous la voûte immense des nuages bleutés. Tout semble suspendu entre deux temps, comme si Setúbal retenait son souffle pour accueillir ce soleil naissant qui fait rougir l’horizon avant de couronner la mer de fines bandes d’or…





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