« Habiter un lieu par le regard, c’est entrer dans l’émotion de l’instant présent. »
samedi 31 janvier 2026
Un ange aux Emirats arabes...
Notre amie Alice, à Abu Dhabi, s’est métamorphosée en ange éthéré aux ailes lumineuses d’or, encadrée d'un halo vert émeraude qui nimbe sa silhouette d’une auréole céleste. Ses mains levées en geste de salutation, elle déploie une joie radieuse, ses cheveux d’argent flottant comme nimbé de lumière, tandis que sa veste bleutée et son sac fleuri de rose dansent dans cette apothéose futuriste, où le clinquant des Émirats se pare d’une grâce presque surnaturelle…
Pensée du jour
L'électorat ne nomme pas les hauts fonctionnaires et les conseillers du président, du premier ministre et des ministres, qui exercent bien plus d'influence que la majorité des parlementaires sur les politiques et les lois d'un pays, mais qui n'ont pas à se prêter au jeu électoral.
Francis Dupuis-Déri
vendredi 30 janvier 2026
Pensée du jour
Apprendre à vivre, règles de vie, enseignements fondamentaux, règles de conduite… Comment acceptons-nous de prendre de notre précieux temps pour nous abaisser à ce gavage avilissant ?
Ėtienne Le Ruen
jeudi 29 janvier 2026
Tempête à Setúbal...
Patrick et moi avons entendu une grande partie de la nuit les bourrasques de vent sonores et puissantes qui semblaient vouloir coucher le bâtiment où nous logeons, furieuses messagères de la tempête Kristin déchaînée sur le Portugal continental dans cette nuit du vingt-sept au vingt-huit janvier, avec des rafales jusqu’à cent cinquante, voire cent quatre-vingt-dix km/h, des pluies torrentielles et une mer en furie qui ont semé un chaos temporaire à Setúbal et alentour. La protection civile a recensé près de mille cinq cents incidents dès l’aube – inondations, chutes d’arbres, routes barrées, lignes ferroviaires comme Fertagus interrompues via le pont vingt-cinq de Abril –, touchant durement notre district avec des coupures massives d’électricité (huit cent cinquante mille foyers privés nationalement), tandis que quatre vies auraient été fauchées, dont une par arbre déraciné près de Lisbonne et d’autres à Leiria, laissant blessés et désolation dans les régions de Setúbal, Leiria et Coimbra. L’Institut portugais de la mer et de l’atmosphère avaient lancé des alertes rouges. La bête s’est muée vers l’Espagne au matin du vingt-huit, stabilisant les cieux, mais les échos des dégâts – toitures envolées, voitures détériorées... – résonnent encore tandis que les équipes s’activent pour un retour à la normale…
Parque do Bonfim devant chez nous AVANT la tempête
Parque do Bonfim devant chez nous APRES la tempête
Pensée du jour
Écrire un livre est un acte de résistance – et ce indépendamment de son contenu, de son ambition ou de sa justesse.
Ėtienne Le Ruen
mercredi 28 janvier 2026
Pensée du jour
Ces milliardaires qui rêvent de fascisme pour les peuples tout en achetant des îles et construisant des bunkers pour se protéger du cataclysme climatique qu'ils accélèrent à chaque décollage de leurs fusées de tourisme spatial : voici nos cavaliers de l'Apocalypse.
Nicolas Framont
mardi 27 janvier 2026
Pensée du jour
À une échelle plus globale, je crois que nous vivons une époque caractérisée par une montée en violence et en radicalité de la classe dominante, ce qui rend les déchirements internes du monde militant et son pacifisme mou encore plus absurdes.
Nicolas Framont
lundi 26 janvier 2026
Faire semblant - Réflexions insignifiantes de Patrick...
Lorsque nous étions enfants, je me souviens que nous jouions souvent à faire semblant : nous étions tour à tour cowboys, indiens, aventuriers… C’étaient là nos jeux, nos premières fictions, les images naïves d’un monde que nous inventions pour mieux nous y croire.
Plus tard, la vie adulte a remplacé ces imaginaires par des formules convenues. Par exemple, cette phrase, si banale qu’on ne l’entend plus : « J’espère que tu vas bien ». Elle s’échange machinalement, sans attente véritable, sans écoute sincère. Elle appartient à ce que les anglophones appellent le small talk, ce bavardage anodin qui sert à huiler la mécanique sociale. Et pourtant, cette phrase demeure essentielle, presque vitale.
Car au fond, allons-nous vraiment bien ? Nos existences, sous leur apparente normalité, vont-elles réellement bien ? Cette question, d’une simplicité désarmante, touche à ce que nous avons de plus profond : notre manière d’être au monde, et d’y croire encore.
Alors, je vais faire simple : non, je ne vais pas bien.
D’ailleurs, comment pourrait-on aller bien dans ce monde ?
J’ai peur de prononcer ces mots, non par honte, mais parce que je redoute la pitié qu’ils pourraient susciter. Je ne veux pas qu’on s’inquiète, ni qu’on se charge de mon fardeau. Le monde se noie déjà sous le poids de tant de douleurs, inutile d’y verser les miennes.
Pourtant, je me sens glisser dans le néant de cette société. Depuis des mois, j’ai la sensation d’entrer dans une phase étrange de ma vie : celle du simulacre. Je fais semblant. J’accumule du semblant. Mais au fond, n’est-ce pas ce que nous faisons tous, depuis toujours ?
Au début, ce n’est rien — un simple mensonge pour ne pas déranger, un masque de bonne tenue pour ne pas troubler les autres. Puis le semblant se multiplie : semblant d’aller bien, pour ne pas ajouter du malheur au malheur ; semblant de croire, pour maintenir la famille, la société, être en “démocratie”. Semblant de tenir debout.
Et, peu à peu, tout devient semblant.
Voici la vérité, nue et sans fard : non, je ne vais pas bien. Non, le monde ne va pas bien. Non, notre société ne va pas bien.
Alors, jusqu’à quand allons-nous continuer à faire semblant ?
Pensée du jour
Si on évoque souvent le sacrifice des personnes mortes pour le droit de vote, on souligne rarement que les régimes parlementaires sont responsables de l'emprisonnement, de la torture et de l'assassinat de gens du peuple qui tentaient de s'organiser de manière autonome, sans chef ni Parlement, au nom des principes pourtant reconnus de liberté, d'égalité et de solidarité.
Francis Dupuis-Déri
dimanche 25 janvier 2026
Pensée du jour
« Si tu te laisses faire, tu te fais bouffer ». La violence s'impose à nous comme moyen parce que la société est violente : mûrir, c'est accepter cette réalité.
Nicolas Framont
samedi 24 janvier 2026
Pensée du jour
De toutes les illusions modernes, le bulletin de vote a certainement été la plus puissante. D'ailleurs, la plupart des gens y croient.
Lucy PARSONS
vendredi 23 janvier 2026
Nos parents meurent aussi... Une pensée pour Madeleine et Marie-Christine avec qui j'étais à l'école primaire...
Un jour au-delà du visible vient le temps des retrouvailles : cette certitude apaise le cœur, pacifie la mémoire. Alix et Odette demeurent en filigrane dans la lumière des souvenirs...
Pensée du jour
L'effondrement n'est pas « pour demain » mais déjà largement en cours.
Aurélien Barrau
jeudi 22 janvier 2026
Extrait du livre « Échos de l'étrange » de Patrick Vuargnoz-Dumont, à paraître sur Amazon :
Le vieillard s’avança lentement vers le centre du cercle que formaient les tribus rassemblées. Sa voix, grave et posée, s’éleva :
« Il circule bien des rumeurs à propos de ces survivalistes qui errent dans les montagnes et de la peur qu’ils inspirent. Mais souvenez-vous : la peur est salutaire. Elle n’est pas notre ennemie — elle veille sur nous, comme une sentinelle invisible, car elle nous avertit du danger. Le feu est un danger. La chute dans le vide est un danger. La noyade est un danger. Enseigner la peur à quelqu’un, c’est lui enseigner à vivre.
Dans l’ancien monde, autrefois, les parents — ceux qui formaient les enfants en ce temps-là — ne leur apprenaient pas seulement à reconnaître la peur comme protectrice. Ils leur inculquaient aussi l’idée qu’elle était une menace. C’était là un renversement complet : ce qui protège ne saurait être ce qui menace. Et c’est pourquoi ce monde s’est effondré.
Oui, ce monde a disparu, parce que les enfants ne regardaient plus le monde avec leurs propres yeux. Ils le voyaient à travers ceux de leurs parents. Ils percevaient non pas ce qu’ils vivaient, mais ce qu’on leur avait appris à voir. Leur expérience immédiate était faussée par une représentation étrangère, et les peurs qu’ils portaient n’étaient qu’imaginaires.
La chose qui nous effraie le plus, c’est souvent celle-là même : vivre notre propre vie. Décider, par nous-mêmes, de la vie que nous voulons mener. Comprendre que nul ne peut savoir à notre place ce qui est bon ou mauvais pour nous.
Alors, quel sera votre choix ? Renoncerez-vous à ce que vous désirez le plus au monde, ou l’accepterez-vous, en affrontant le danger qui l’accompagne ? Ce qui fait vibrer notre désir, c’est justement l’inconnu.
Lorsque viendra l’heure du choix, méditez bien cela : choisir une tribu, c’est toujours sauter dans l’inconnu. Marcher dans ce monde, c’est toujours avancer vers l’inconnu. Et vivre — vivre vraiment — c’est arpenter sans relâche l’infini territoire de l’inconnu. »
Pensée du jour
J'ai compris que quand un professionnel de la politique ou du syndicalisme dit « ce n'est pas le moment » (de bloquer l'autoroute, d'occuper l'usine, d'envahir le conseil d'administration ou l'Assemblée nationale...), c'est que ce n'est pas le moment... pour lui.
Nicolas Framont
mercredi 21 janvier 2026
Émouvant au revoir à Danny Virtue...
Patrick et moi regardons le premier épisode de la saison 2 de la série Percy Jackson and the Olympians qui rend hommage à Danny Virtue, un cascadeur canadien d’âme pionnière, dont l’ombre chevaline plane encore sur les écrins mythiques de la série comme un galop éternel dans la brume des prairies de Colombie-Britannique. Originaire de ces vastes étendues où les chevaux murmurent aux vents les secrets des dieux oubliés, Danny Virtue, maître des cascades équestres, avait sculpté de ses mains calleuses la course de chars légendaire — cette furie d’écume et de tonnerre impliquant plus de vingt destriers indomptés —, une scène si viscéralement vivante qu’elle semblait jaillir des veines mêmes de l’Olympe, forgée pour cet épisode.
Il avait formé les jeunes héros, comme Dior Goodjohn, alias Clarisse, la fille du dieu Arès, dans son ranch, transmettant non seulement les rênes mais l’essence d’une bravoure animale, celle qui l’avait porté à travers The Twilight Saga, La Guerre pour la Planète des Singes ou Jurassic World : Dominion, où il dansait avec les bêtes en coordinateur de l’impossible, assistant d’une rage créative indomptable.
Parti trop tôt en octobre 2025, emporté par le cancer comme un cavalier foudroyé au milieu du galop, les producteurs – Dan Shotz en tête – lui avaient offert la grâce d’apercevoir sa vision achevée, un adieu muet où son ranch devint légende. Dans la pénombre de notre écran, Patrick et moi sentons son souffle hennissant, un rappel poignant que derrière les éclats divins se tissent des vies humaines, fragiles et héroïques, filant vers l’horizon comme un char lancé dans l’éternité…
[Fondateur de la Virtue Foundation en 2000, Danny organisait l’événement annuel A Day at the Ranch [Un jour au ranche] pour plus de trois cents enfants défavorisés, impliquant des spectacles de cascades et d’animaux.]
Pervers narcissique - Réflexions insignifiantes de Patrick...
Atteindre la tête d’un État exige une combinaison rare : ambition extrême, goût du pouvoir, capacité à se mettre en scène, charisme, résilience face au rejet, aptitude à manipuler les perceptions, et souvent une certaine insensibilité aux critiques ou à la souffrance d’autrui.
Beaucoup de ces traits se recoupent avec le narcissisme (grandiosité, besoin d’admiration, sentiment de supériorité) et parfois avec sa forme maligne (manque d’empathie, manipulation, vengeance, exploitation des autres).
La psychologie politique (notamment les travaux sur le « Big Three » des personnalités politiques : narcissisme, machiavélisme et psychopathie) montre que les scores élevés en narcissisme sont fréquents chez les leaders de haut niveau.
Dans un monde médiatisé 24/7, polarisé et souvent cynique, ces personnalités savent capter l’attention en permanence, polarisent sans complexe (car la polarisation mobilise les bases), n’hésitent pas à mentir ou à réécrire la réalité si cela sert leur image, supportent mal la contradiction et cherchent à écraser les opposants. Ces comportements sont typiques du narcissisme malin.
L’état actuel du monde (guerres, crises climatiques mal gérées, inégalités extrêmes, populisme triomphant) peut donner l’impression que seuls les plus impitoyables ou les plus égocentriques arrivent au sommet et y restent.
Vouloir être chef d’État n’exige pas d’être un pervers narcissique, mais dans de nombreux contextes actuels, ce profil offre un avantage compétitif significatif pour atteindre le pouvoir et s’y maintenir.
L’impression que « tous » les grands leaders en sont atteints vient du fait que les systèmes politiques contemporains (médiatisation, populisme, affaiblissement des institutions) filtrent et récompensent fortement ces traits.
Les démocraties les plus solides sont précisément celles qui arrivent encore à produire des leaders plus équilibrés.
Les chefs d’État sont à l’image de la société, et la société est à l’image des chefs d’État. Si vous pensez qu’un « homme providentiel » pourra « sauver » la société, vous vous faites des illusions. Ce genre de personne, cela n’existe pas et si vous voulez changer de société, il faut transformer notre société en démocratie, pour cela il n’y a pas besoin d’une sorte de « messie politique ».
Pensée du jour
« Michel-Ange exténué, j'ai taillé dans la vie
Mais la beauté, Seigneur, toujours je l'ai servie. »
Jean GENET
mardi 20 janvier 2026
Émouvant au revoir à Lance Reddick...
Patrick et moi regardons dans la soirée le huitième et dernier épisode de la série Percy Jackson et les Olympiens, dédié à Lance Reddick, cet acteur américain charismatique dont la silhouette imposante et la voix grave résonnent encore dans les couloirs mythologiques de l’Olympe. Né à Baltimore en 1962, il incarne ici Zeus, le roi des dieux, dans une de ses ultimes apparitions à l’écran, avant que la mort ne l’emporte le vendredi 17 mars 2023 à l’âge de soixante ans, terrassé par une crise cardiaque. Ancien étudiant en musique passé par l’école dramatique de Yale, Reddick illumine les plateaux par ses rôles d’autorité inflexible – le lieutenant Cedric Daniels dans The Wire, Phillip Broyles dans Fringe, le chef Irvin Irving dans Bosch, ou encore Charon, le concierge stoïque de l’hôtel Continental dans la saga John Wick –, et cet hommage final, sobre et poignant, scelle son legs d’un éclat intemporel, comme un éclair fendant les cieux de la fiction...
De gauche à droite :
Lance Reddick, alias Zeus, Toby Stephens alias le Dieu Poséidon
et Walker Scobell alias Percy Jackson













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