Dans "El Tubo" — Calle de los Estébanes —, mon regard se pose sur un portrait saisissant d’une vieille femme dont le visage, rendu en noir et blanc avec une précision presque troublante, émerge d’un fond de graffitis aux éclats violets et citron, comme une mémoire qui surgirait du tumulte du monde — et c’est le visage d’Olympe, ma grand-mère paternelle, que je crois reconnaître, revenue depuis l’autre rive.
Elle tient son visage entre ses deux mains — des mains aux doigts noueux, cartographiés de rides et de veines, des mains qui ont tout connu, tout porté —, et ce geste, à mi-chemin entre l’offrande retenue et la tendresse, confère à l'ensemble une gravité silencieuse qui retient le souffle. Son regard, direct, d’une intensité tranquille, s’avance vers moi : il regarde, simplement, avec cette lucidité apaisée propre à ceux qui ont traversé suffisamment de temps pour savoir donner. Chaque ride de ce visage est une phrase accomplie, chaque pli de ces mains une saison révolue, et l’artiste — qui a signé là, discrètement, Mo Bu — a su saisir ce que peu de photographies parviennent à fixer : la beauté rare d’une vie qui, quelque part, continue…
Fruit tropical du chérimolier
originaire de la cordillère des Andes











































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