lundi 8 juin 2026

Auch — Escalier monumental et promenade le long du Gers...

 

Patrick et moi découvrons l’Escalier monumental par le bas — ce qui est peut-être la seule façon flatteuse de l’aborder. Trois cent soixante-quatorze marches s’élèvent vers la ville haute, bâtie sur sa colline comme une citadelle de temps. La pierre calcaire, tirée des carrières du Serrot, a la couleur chaude du Gers en fin d’après-midi. Nous restons là, levant les yeux vers le grandiose qui traverse les siècles avec la fierté de leurs constructeurs. Car l’escalier est né d’une violence : après le coup d’État du 2 décembre 1851, Auch s’était soulevée contre Louis-Napoléon Bonaparte ; le préfet Féart, pour occuper les corps et apaiser les esprits, lança de grands travaux. Des bras insurgés, vaincus, taillèrent donc ces marches — ironie silencieuse que le monument porte en transformant une défaite oubliée en un chef-d’œuvre permanent.


Au premier palier que nos yeux atteignent sans nos pieds, la sculpture de Jaume Plensa, L’Observatoire du temps, dresse son œil de verre vers le ciel, tandis qu’au sol court, gravé dans la pierre, le récit biblique du Déluge — mémoire des inondations de 1977 qui ravagèrent la Gascogne et tuèrent seize personnes.


Plus haut, d’Artagnan en bronze veille sur son palier, né à Lupiac, à quarante kilomètres d’ici — mousquetaire immortalisé par Dumas, devenu le visage d’un pays qui honore volontiers ses légendes.


    Charles de Batz de Castelmore est le vrai d’Artagnan : un noble et militaire gascon du XVIIe siècle, né vers 1611-1615 à Castelmore, près de Lupiac dans le Gers. Il a servi comme mousquetaire du roi, a gagné la confiance de Louis XIV et est mort au siège de Maastricht en 1673. C’est sa vie, très romanesque, qui a inspiré Alexandre Dumas pour créer le héros des Trois Mousquetaires


Quelque part là-haut, les Pyrénées découpent l’horizon par temps clair…





















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